C'est à ce moment-là que j'ai compris que ce n'était pas une coïncidence si, des mois plus tard, Thiago a commencé à parler d'investissements « plus agressifs », de « transferts de capitaux », d'« optimisation du patrimoine familial ».
Des mots élégants pour dissimuler l’avidité.
Il y a un an, il a insisté pour que je signe une procuration très large.
« Ça simplifie les démarches administratives quand tu voyages, maman. C'est le plus pratique. »
Je l'ai signé.
Mais ce que Thiago ignorait, c'est que dix ans plus tôt, du vivant d'Alberto, nous avions mis en place quelque chose de bien plus solide qu'un simple titre de propriété.
L'appartement n'était pas vraiment à mon nom.
Elle était détenue dans une fiducie irrévocable.
Une fiducie assortie de clauses très claires.
Personne ne pouvait le vendre sans l'autorisation du comité de gestion.
Et je n'étais pas le seul membre de ce comité.
Il y avait trois avocats d'affaires et un notaire qui travaillaient avec moi depuis des années.
La procuration utilisée par Thiago lui permettait de me représenter.
Mais cela ne lui conférait pas le pouvoir de disposer des biens appartenant au fonds de fiducie.
Autrement dit…
La vente qu'il a célébrée était juridiquement invalide.
Et pire encore.
Cela constituait une fraude.